Éteindre les dettes sociales serait fausser la concurrence !!!

Dans sa note de conjoncture élaborée avec l’ADEM, CONTACT ENTREPRISES, cite Olivier Sudrie du cabinet DME : « l’urgence serait d’opérer un choc de croissance d’environ 250 M€, correspondant à 3 points de croissance, en relançant la consommation des ménages (par une baisse de TVA, par ex ?) et par la commande publique. Aujourd’hui, les entreprises sont en panne de capacité d’exploitation, leur niveau d’endettement et de charges ne leur permettent plus de dégager la moindre marge de manœuvre. Selon certains, c’est donc sans doute l’exploitation des entreprises, plus que les investissements de capacité, qu’il faudrait soutenir au titre de la compensation des handicaps structurels : par une exonération totale des charges sociales patronales et salariales, par exemple ? »

Partant de ce constat, et sur ce dernier point, il faut bien avouer que les millions de dettes sociales accumulés par les entreprises de la Martinique ou de la Guadeloupe sont sources de divergences d’analyse.En effet, je suis un chef d’entreprise qui paie ses dettes souvent avoir d’avoir pu recouvrer ses créances. L’art est difficile et nous, dans nos entreprises, consacrons beaucoup trop de temps à gérer nos trésoreries. Nous sommes très nombreux dans ce cas!
Mais je ne voudrais pas que les politiques, qui nous défendent, perdent de vue l’impérieuse nécessité de ne pas fausser la concurrence en permettant aux entreprises en difficulté de se soustraire aux fardeaux des charges obligatoires et retrouver une santé éclatante ! Alors que les entreprises saines et à jour seraient défavorisées.

En effet cela se ferait en défaveur de celles qui ont fait des efforts pour être en règle depuis des années !

Je ne dis pas que les difficultés sont à ignorer, mais les efforts des entreprises, à jour, doivent être pris en compte. Dans le cas contraire, le Conseil d’Etat devra justifier une aide discriminante au profit d’entreprises défaillantes. Dès lors, il faudra, cas par cas, justifier de la pertinence des difficultés… Même pas peur !

Ce n’est pas la première fois que les aides jouent en défaveur des entreprises méritantes. Il y a là un jeu subtile à « qui gagne, perd » !

Considérons que les charges non payées permettent à l’entreprise en difficulté de s’en sortir ! Qui répond aux questions de fond sur l’entreprise concernée ? : Pourquoi est-elle en difficulté ? Qu’en est-il dans le même secteur ? Est-ce structurel, sectoriel, conjoncturel ?

Autant de questions rarement posées.

Les aides doivent avoir un objectif clair et clairvoyant; éclairé et prospectif.

Le récent cas de l’augmentation des taux de financement des fonds européens et de la brusque utilisation en résultant, en est l’exemple parfait. Combien de projets fumeux (sans rire), sans étude sérieuse, sans analyse de l’efficience marketing, ont été financés pour voir partir « en fumée » (sans rire bis) des centaines de milliers d’euros de financement public ?

Pour paraphraser François Rabelais disant : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », je dirais :  »aides sans mesure et discernement ne sont que ruine de l’économie. »

Et puis pèle mêle, il y a le problème des appels d’offre avec la légale nécessité d’être à jour des cotisations sociales et fiscales, alors même que les collectivités paient avec retard; mettant les entreprises dans la situation de ne pas pouvoir honorer les paiements. Il y a là un paradoxe qui ne semble pas gêner les organismes sociaux, mais qui affecte profondément les entreprises des DOM.

Vous comprenez bien que celui qui paie est en situation de désavantage financier si celui qui ne paie pas voit ses dettes effacées. Il y a distorsion inadmissible de concurrence. Il serait trop facile d’effacer la dette de 800 millions d’euros de nombreuses entreprises, quand d’autres, en règle, reçoivent un recommandé pour 6 euro d’impayés ! Le coût effectif de la rédaction, et de l’envoi du courrier est sans aucun doute supérieur au montant réclamé… mais soit, nécessité fait loi !

Cela ne ressemble t’il pas à s’y méprendre à une chasse aux entreprises méritantes? Il faut, toutes proportions garder, faire preuve d’un peu plus de bon sens et d’analyse au cas par cas. Trop long rétorque t’on ! Mais les emplois en jeu ne valent ils pas cet effort ? 

20130213-152128.jpgMon métier nécessitant d’être transgressif, je lance l’idée, certes facile, mais lourde de portée en cas de mise en place de cette mesure d’effacement des dettes sociales : la « Grève » du paiement des cotisations sociales.

L’Etat jouant au jeu du pendu avec nos entreprises via : l’arrêt sans coup férir de la défiscalisation, des autorisations de prolongation de la Chlordécone et autres épandages… je propose à toutes les entreprises, de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane et de la Réunion, de ne plus régler leurs cotisations sociales, afin que nous soyons toutes sur le même pied d’égalité. Elles seraient déclarées en temps et en heure, mais pas payées. Les syndicats professionnelles doivent soutenir cet acte de revendication légitime.

A défaut, que l’on propose un plan de paiement à ces entreprises qui ne paient pas leurs cotisations. Mais il est important et nécessaire qu’elles paient leur dette à la société. Faute de quoi, nous courons droit vers un mur, et tête la première…

Franck Zaméo, chef d’entreprise.

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