Et si on nationalisait la SARA ?

Et si on nationalisait la SARA ?

Finalement le sujet du carburant est simple, si l’on veut bien s’arrêter un peu et regarder le triste spectacle dont nous sommes les victimes de moins en moins consentantes :

Les personnages :

  • L’Etat et son ministre de l’Outre-Mer;
  • Les pétroliers et en particulier le géant TOTAL;
  • Les gérants des stations services et leur contrat avec les précédents;
  • Les agents de piste et leur métier certes dépassé, mé sé twavay ki la !
  • Les consommateurs, entreprises, professionnels, particuliers;
  • Et puis un acteur dans l’ombre que vous découvrirez en épilogue …

Le lieu :

  • Les départements d’outre-mer, « à part entière », mais en fait « entièrement à part ».
  • Une unique raffinerie pour les Antilles-Guyane. Car la SARA ; excusez moi TOTAL, principal actionnaire; réussit à contraindre la Guyane à acheter uniquement auprès de la SARA au lieu de Trinidad ou Venezuela.
  • Un monopole de raffinage, un quasi monopole de distribution, car bientôt il n’y aura plus que 3 enseignes TOTAL, VITO et SOL (?)
  • Un prix fixé par décret gouvernemental et composé à 70% de taxes et impôts.

L’événement :

  • Février 2009 et la recherche de bas prix ! Le plus facile pour un gouvernement c’est d’appuyer là où les acteurs sont identifiables et « purgeables ».
  • Le ministre Lurel prend le sujet à cœur et en fait un cheval de bataille.
  • Les mouvements de grève des stations se multiplient depuis.

Le pourquoi :

Le ministre Lurel exige que le monopole de la SARA ne rapporte plus autant à TOTAL. Il est vrai que cela engendre 100 millions de profits par an. Il en exige donc la baisse.

Mais combien cela rapporte t’il à l’Etat ? Le sujet, nous dit on, n’est pas là ! OK, OK !

Les gérants de stations sont « autorisés » par les pétroliers à exploiter des stations avec des conditions financières, juridiques et de bail, en leur défaveur. Finalement de petites entreprises dont la gestion est définie par le décret des prix. Pas loin d’être des fonctionnaires… LOL !

Et si les pétroliers voient leur marge baisser, les contrats des gérants de station vont se durcir financièrement. Et voilà que vont s’installer les pompes en libre service. Moins d’emploi = plus de marge. CQFD.

Image

La finalité :

  • La table est dressée.
  • Les convives invités.
  • Le prix fixé.

Mais finalement le plat c’est du mouton. (à lire avec l’accent créole SVP).

La fin :

Comme dans toute les histoires, la fin doit plaire au lecteur.

Alors je vous propose 3 versions. Laquelle emportera votre agrément ? Et là je n’influence aucunement votre choix.

  • Version 1 :

TOTAL accepte la baisse de ses profits, mais lentement et surement, automatise les stations. Les pompistes disparaissent. Et les profits remontent… Notre économie plonge encore plus dans le chômage. Nou pran fè !

  • Version 2 :

Nous acceptons un prix de carburant plus en phase avec notre réalité : petits marchés et beaucoup de pompistes dans les stations. Les prix augmentent à la pompe de 4 centimes par litre. Nou pran fè ! Mais notre économie redevient plus cohérente.

  • Version 3 :

Mais le motif caché derrière tout ce cinéma ce sont les collectivités des Antilles-Guyane qui le dessineront.

Car TOTAL quittera la SARA. Celle-ci deviendra une simple zone de stockage. Et une SEM gérera cela avec du carburant importé de France continentale. Avec, sans aucun doute, des prix d’achat du carburant plus bas, car la SARA raffine trop chère…

C’est la nationalisation de la SARA que tous les pouvoirs politiques appellent, dans l’ombre, de leurs vœux.

 La morale de l’histoire :

300 contre 800 emplois
taxes contre 4 centimes par litre
Vend ta voiture et prend les transports en commun. Mais yapa !

Vend ta voiture et ??? , pas d’alternative.

Alors finalement achète une belle voiture, ça relancera l’économie; paie ton carburant quand on veut bien te le vendre; « lache tes cheveux »; et tes bras autour du cou de Sara… roule, roule, roule…

Allez bon plein.

1 commentaire

  1. On peut aussi reproduire le schéma de la SAMAC pour l’aéroport. C’est à dire une Société Anonyme à Directoire et Conseil de surveillance composée de représentants de l’Etat, dont le préfet de région, de représentants de la CCIM et de représentants des 4 collectivités locales (Collectivité Unique, CACEM, CAP Nord, CAESM). Alors???

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