José NOSEL vaut éteindre l’incendie qui consume notre hôpital.

Je voudrais dire merci à Mr le Professeur François ROQUES

Par José NOSEL

En écrivant ce mot de remerciement au professeur François Roques, Praticien hospitalier à l’hôpital La Meynard à Fort de France, j’essaye de faire ma « part du colibri » dans l’extinction de l’incendie et compenser un peu, ma part de lâcheté, comme beaucoup d’entre nous, pour ne l’avoir pas fait plus tôt, et dire, en remerciant tous nos soignants et personnels hospitaliers : « il faut éteindre l’incendie qui consume notre hôpital et notre système de santé, à la Martinique. Cela dépend aussi de nous.

J’ai connu le professeur Roques, il y a quelques années. Il a soigné, avec le professeur Sanchez, mon grand frère Etienne, dialysé, amputé des deux jambes, décédé depuis. J’étais le référent de mon frère. Je témoigne de la grande empathie de ces médecins de l’hôpital la Meynard d’alors, à l’égard des patients et de tous les personnels et usagers de l’hôpital.

Certes j’ai pu, parfois bénéficier d’être un peu connu, à une certaine époque. Et je me souviens qu’au siècle dernier, (j’ai 75 ans) c’est le directeur, lui-même de l’hôpital, Pierre Zobda Quitman, qui, me rencontrant dans un couloir de l’hôpital, me demanda, que fait le directeur du parc naturel régional dans son hôpital, et accepta de m’accompagner, au lit de mon père qui y était en soin. J’avais, il faut le dire, depuis un certain temps, par ailleurs, des relations professionnelles amicales avec l’élu municipal qu’était, aussi, Pierre Zobda Quitman.

Avec François Roques j’avais pu nouer une relation de confiance entre référent d’un patient et l’équipe médical qu’il coordonnait. Je prétends que François Roques manifeste une profonde empathie à l’égard des patients de l’hôpital la Meynard et envers ses interlocuteurs. Je pense pouvoir dire, sans flagornerie aucune, que cet homme de dialogue aime la Martinique et les Martiniquais.

Les temps ont changé, c’est évident. L’arrivée et la prolongation de la crise du Covid ont malheureusement exacerbé des difficultés que connaissait déjà notre hôpital, avant la crise. Des excès de comportements, dont des violences, sont entrés dans l’hôpital. La gestion verticale, parfois contradictoire, de la crise, depuis Paris, Bruxelles, Genève, et Fort de France par les autorités en responsabilité de compétences, et les morts et tristesses des familles, ainsi que les fatigues accumulées des soignants, malgré leurs dévouements, n’ont pas facilité les choses. C’est au contraire, la méfiance, l’angoisse, la fatigue, la déprime qui se sont renforcées au cours du temps. A ceci est venu s’ajouter la problématique de la vaccination qui, toujours dans le cadre de cette gestion verticale des autorités compétentes a allumé l’incendie qui consume en ce moment notre système local de santé ; et ajoute du clivage dans notre société, toujours en recherche d’un équilibre du vivre ensemble en tentant d’estomper les stigmates de l’histoire.

Nous serions en train de régresser en termes d’accession aux soins localement, avec des risques de fermetures de services hospitaliers spécialisés, si des départs de médecins et d’infirmiers ne sont pas rapidement compensés, dans un contexte où notre attractivité médicale subit les effets des comportements que l’on déplore, en ce moment dans le pays.

Aussi, à l’occasion de ce remerciement du Pr François Roques, je veux plaider pour un reset à l’hôpital. Il faudrait remettre les compteurs à zéro. Il faut donc arrêter tous les processus en cours relatifs à la vaccination ; permettre à tout le monde d’accéder à l’hôpital sans aucune restriction que celles en usages habituellement. Il faudrait réintégrer tous les personnels suspendus pour non vaccination. Il faudrait cesser de faire du Covid la priorité hospitalière, et cesser de faire du tout hospitalier pour le traitement de cette pandémie. Médecine de ville, pharmacies, centres de soins etc retrouvant leurs fonctions de 1ere ligne pour répondre aux malades. On pourrait se donner rendez vous dans 6 mois ou dans un an, le temps de remettre les malades au centre des dispositifs et de faire remonter quelque peu le niveau de confiance dans notre hôpital. Nous n’allons tout de même pas cesser de vivre par peur de mourir !!!!

Hélas, je reconnais que dans la gestion verticale des questions de santé, il n’y aurait que les plus hautes autorités qui pourraient décider ce reset ; Mais la demande doit partir de la base. Cela a peu de chance de se faire ; et pourtant chacun comprend que c’est la façon la moins ruineuse pour notre société, pour sortir, au plus vite, de l’imbroglio dans lequel nous nous enfonçons. Définitivement optimiste, Je garde cependant espoir pour le pays dans cette voie de sagesse.

Merci Mr le professeur François ROQUES.

Fort de France le 15/02/2022

José Nosel

Administrateur territorial

Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques

Chevalier de l’Ordre National du Mérite

 

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